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The Gentlemen saison 2 sur Netflix : faut-il replonger dans ce chaos aristocratique signé Guy Ritchie ?

Sep 09, 2026  Twila Rosenbaum  15 views
The Gentlemen saison 2 sur Netflix : faut-il replonger dans ce chaos aristocratique signé Guy Ritchie ?

Deux ans et demi après une première salve devenue l’un des plaisirs coupables les plus efficaces de Netflix, The Gentlemen revient en cette rentrée avec la même promesse : du tweed, des manoirs, des trafics et des types très dangereux qui discutent business avec un calme presque britannique.

Cette saison 2 replace Eddie Horniman, incarné par Theo James, au cœur d’un empire criminel qu’il ne subit plus vraiment. Le problème, et c’est aussi ce qui rend la série intéressante, est que Guy Ritchie et Matthew Read poussent désormais leur héros vers une ambition moins instinctive, plus stratégique. Le chaos aristocratique reste séduisant, mais il n’a plus tout à fait la fraîcheur de la découverte.

  • Eddie Horniman cherche à étendre son empire criminel tout en s’émancipant de Bobby Glass.
  • La saison 2 conserve le style Guy Ritchie, mais son rythme est plus inégal que celui de la première.
  • Elle reste accessible aux nouveaux venus, même si la saison 1 aide à comprendre les relations entre les personnages.

The Gentlemen saison 2 : un chaos aristocratique toujours aussi jouissif, mais plus inégal

Un an après avoir intégré l’organisation de Bobby Glass, Eddie n’est plus l’héritier réticent brutalement plongé dans le milieu criminel. Il a pris goût au pouvoir, entend étendre son activité et veut s’émanciper de ceux qui ont sauvé Freddy, son frère aussi imprévisible qu’encombrant. La saison joue donc moins la surprise que l’escalade : un accord international avec l’Italie, des rivalités avec Marco Moretti, un tableau de Botticelli convoité, des combines politiques autour de la décriminalisation du cannabis et, naturellement, des règlements de comptes très peu diplomatiques. L’univers de Ritchie conserve son plaisir immédiat : une violence stylisée, des dialogues abrasifs, une galerie de crapules bien habillées et ce contraste toujours savoureux entre décor de grande famille anglaise et méthodes de voyous.

Le casting demeure l’un des arguments les plus solides. Kaya Scodelario donne à Susie Glass une autorité sèche, tandis que Ray Winstone impose à Bobby une présence plus inquiétante à mesure que ses décisions deviennent hasardeuses. Daniel Ings, en Freddy, apporte la dose de folie indispensable à une mécanique parfois trop calculée. Les arrivées de Hugh Bonneville, Sergio Castellitto et Chris Eubank Jr. élargissent le terrain de jeu sans modifier la recette. C’est aussi la limite de cette saison : The Gentlemen sait exactement quelle musique elle joue, au risque de s’y complaire.

Certaines séquences paraissent étirées et l’énergie, si vive dans les meilleurs morceaux de la première saison, se montre plus irrégulière. On rit encore, on grimace souvent, mais l’impression de tourner en rond surgit par moments. Les dialogues, toujours ciselés, ne suffisent pas toujours à masquer un rythme qui perd de sa nervosité. Là où la première salve surprenait par sa capacité à passer du rire à la violence en une réplique, cette suite installe davantage son intrigue, développe des ramifications italiennes et politiques, et laisse parfois le spectateur attendre une étincelle qui met un peu de temps à venir.

Pourtant, la mécanique de séduction fonctionne encore. Eddie Horniman a quelque chose de plus sombre, presque plus cynique, dans le regard. Son opposition avec Bobby Glass gagne en tension, notamment lorsque Eddie décide de ne plus se contenter de la place qu’on lui a assignée. Son désir d’indépendance est le moteur de la saison. Susie, de son côté, se retrouve tiraillée entre sa loyauté envers son père et une forme de fascination pour Eddie. Cette relation ambiguë reste l’un des atouts de la série, car elle interdit toute lecture manichéenne. On ne sait jamais si leurs intérêts convergent vraiment ou s’ils ne font que s’utiliser mutuellement avant que l’un des deux ne frappe.

Le contexte aristocratique, lui, demeure un décor savoureux. Les manoirs anglais, les costumes impeccables et les codes de bienséance contrastent avec la brutalité des trafics. Le show conserve ce goût pour les personnages secondaires hauts en couleurs, qu’il s’agisse d’arnaqueurs de bas étage ou de malfrats aux allures de gentlemen. Si la surprise de la découverte s’est atténuée, le plaisir de retrouver cet univers reste intact, porté par une production soignée et des interprètes visiblement ravis d’en donner plus.

Peut-on regarder cette saison 2 sans avoir vu la première ?

Techniquement, oui : les enjeux essentiels se comprennent vite. Eddie Horniman est le treizième duc de Halstead, devenu l’héritier réticent de son domaine familial avant de rejoindre l’empire criminel de Bobby Glass. Susie travaille au plus près de Bobby et est l’alliée, autant que la rivale potentielle, d’Eddie. Freddy, lui, est le frère dont les dettes ont précipité la famille dans cette affaire. Avec ces trois repères, la saison 2 reste accessible : Eddie veut agrandir son empire, tester son rapport de force avec Bobby et préserver une alliance avec Susie qui commence à se fissurer.

Mais commencer directement ici revient à arriver au deuxième verre d’une longue soirée : on peut suivre la conversation, sans toujours saisir pourquoi chacun se méfie autant de son voisin. La première saison installait précisément le basculement d’Eddie, ce gentleman apparemment lisse qui découvre que le crime lui convient mieux qu’il ne l’aurait admis. Un rapide rappel suffit aux spectateurs pressés, mais revoir la première saison permet de mieux apprécier l’évolution du personnage et le poids des rancœurs familiales. C’est particulièrement utile pour mesurer la place de Freddy et comprendre pourquoi la relation entre Eddie et les Glass ne pourra jamais être un simple partenariat commercial.

Le format de la série continue par ailleurs de séduire par sa durée raisonnable et sa narration en chapitres, qui emprunte autant au polar qu’au drame de famille. The Gentlemen ne cherche pas à faire dans la grande fresque ni dans la leçon de morale. Son ambition est plus modeste : distraire, surprendre, amuser, tout en maintenant un niveau d’exigence visuelle et dialoguée assez haut pour ne jamais sombrer dans la série de genre banale. Cette saison 2 assume son statut de produit de divertissement, sans prétention excessive, mais avec un soin évident pour l’ambiance et les dialogues.

Le retour de Guy Ritchie derrière la série, même s’il ne réalise pas chaque épisode, continue d’imprimer cette patte reconnaissable entre toutes. On retrouve ses tics narratifs, son amour des milieux interlopes et sa manière de filmer les confrontations comme des négociations de salon. Le scénario, coécrit avec Matthew Read, multiplie les fausses pistes et les retournements, même si l’ensemble aurait gagné à être resserré. Quelques intrigues secondaires, notamment autour de la politique de décriminalisation du cannabis, sont esquissées sans être totalement exploitées. Elles servent de prétexte à des manœuvres, mais manquent parfois de chair.

Là où la première saison surprenait par son équilibre entre humour britannique et brutalité assumée, cette suite cherche davantage à installer une mythologie. La présence annoncée d’une troisième saison, déjà confirmée par Netflix, montre que la plateforme croit au potentiel de cet univers. Il faudra toutefois veiller à ne pas diluer ce qui faisait le charme du premier cru. La frontière est mince entre une saga qui se déploie et une formule qui se répète. Pour l’instant, The Gentlemen conserve assez de venin, de panache et de personnages impossibles pour accompagner efficacement une soirée de rentrée.

Pour les amateurs de Guy Ritchie, le plaisir est intact. Pour les autres, mieux vaut commencer par le premier chapitre avant de pousser la porte du manoir. Faut-il replonger ? Oui, à condition d’accepter une série plus ample, moins nerveuse et toujours aussi peu soucieuse de vraisemblance. La deuxième manche ne réinvente pas la formule, mais elle prouve que l’histoire d’Eddie Horniman a encore de la ressource, et que le chaos aristocratique, même privé de sa fraîcheur initiale, reste un spectacle diablement efficace.


Source: Masculin.com News


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